26 de Agosto de 2021, Déco Brésil

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Les indigènes brésiliens, un exemple d'unité du peuple !

 – #LutapelaVida (Lutter pour des vies)

« Tout le Brésil est un territoire indigène », a déclaré à l’AFP Tai Kariri, 28 ans, chef de la tribu Kariri, dans l’État de Paraiba (nord-est), « nous avons toujours vécu là ».

Ce qui se passe au Brésil aujourd'hui?

Brasilia (AFP) – La Cour suprême du Brésil doit rendre à partir de mercredi un jugement très attendu sur le droit à leurs terres ancestrales des indigènes, dont des milliers manifestent en tenue traditionnelle en plein cœur de Brasilia.

Quelque 6.000 membres de 170 tribus s’agit de la plus importante manifestation d’indigènes jamais organisée au Brésil, selon l’Association des peuples indigènes du Brésil (Apib) qui coordonne la mobilisation, afin de faire pression sur les juges de la plus haute juridiction brésilienne.

Depuis dimanche, des milliers d’autochtones au corps souvent peint ont dressé des tentes, chantent et dansent près des édifices modernistes du palais présidentiel, de la Cour suprême et du Parlement.

Ces rassemblements chatoyants se tiennent pour l’instant dans le calme, sous la vigilance de policiers anti-émeutes. En juin, des manifestations pour leurs terres d’indigènes avaient dégénéré. Trois manifestants avaient été blessés, de même que trois policiers, par des flèches.

Mardi soir, les manifestants ont fait une veillée. Ils devaient marcher mercredi à partir de 13H30 (16H30 GMT) jusqu’au siège de la Cour suprême quand ses 11 juges commenceront à se pencher sur leurs terres.

La décision de la Cour pourrait ne pas être connue dans la journée, ni même cette semaine.

Les juges doivent confirmer ou rejeter la « thèse temporelle » qui ne reconnaît comme ancestrales que les terres qui étaient occupées par les indigènes quand a été promulguée la Constitution, en 1988.

« INVASIONS DE TERRES »

« Si la Cour suprême accepte la +thèse temporelle+, cela pourrait légitimer la violence contre les peuples indigènes et exacerber les conflits dans la forêt amazonienne et d’autres régions », a averti Francisco Cali Tzay, rapporteur spécial de l’ONU @fundationgoodplanet pour les droits des peuples indigènes.

Les manifestants protestent également contre ce qu’ils estiment être des violations systématiques de leurs droits depuis la prise de fonction en janvier 2019 du président d’extrême droite.

« Ce gouvernement attaque les peuples indigènes », déclare à l’AFP Syrata Pataxo, un chef de 32 ans des Pataxo, tribu de l’État de Bahia (nord-est).

« Aujourd’hui toute l’humanité appelle à la protection de la forêt amazonienne. Mais le gouvernement veut que notre forêt, le poumon de la planète, soit remplacée par les cultures de soja et l’extraction d’or », dit l’indigène dont le corps est peint de motifs élaborés.

Jair Bolsonaro soutient un projet de loi qui ouvrirait les terres indigènes à l’exploitation des ressources naturelles.

Deux autres propositions de loi sont décriées par les tribus comme encourageant « les invasions » de leurs terres. L’une prône la régularisation des occupations illégales de terres par des orpailleurs, bûcherons ou éleveurs.

Les quelque 900.000 indigènes du Brésil représentent 0,5% des 212 millions d’habitants et leurs terres s’étendent sur 13% du territoire de l’immense pays.

 

Source : Good Planet Mag et © AFP 

Photo : la dirigeante @guajajarasonia, Journal Outras Palavras.